Edito Régionales – Maxime Cruzel (UDI): « triste bal pour les centristes »

Au lendemain des élections régionales j’ai décidé de donné la parole à Maxime Cruzel membre du Bureau national des Jeunes UDI. Cet enseignant de SVT nous fait part de son ressenti après les résultats sur sa formation politique. Il regrette notamment sa droitisation et son incapacité à rassembler.

Après un premier tour qui voyait propulser le Front National en tête dans de nombreuses régions, ce sont finalement Les Républicains-UDI-Modem (7) et le PS-PRG (5) qui se partagent l’ensemble des 13 régions. Maxime Cruzel, membre du Bureau national des Jeunes UDI, nous livre son sentiment au lendemain des résultats.

 » Les résultats des élections régionales s’inscrivent dans une logique largement établie après le premier tour : un FN au plus haut, une gauche à un niveau très satisfaisant, et une coalition LR-UDI à la traîne, les deux premiers étranglant la fragile union de la droite et du centre.

Dans ce contexte, et alors que la gauche n’a aucun complexe à faire une union dans son ensemble dans la perspective d’un second tour -et ce aux dépends de divergences profondes-, l’union LR-UDI ne dispose pas d’un tel strapontin. Face à ce problème, il est intéressant de considérer les résultats triomphants de Laurent Wauquiez et de Bruno Retailleau, candidats à la droite de la ligne médiane imposée par Sarkozy depuis son retour, et d’observer que dans leurs deux régions, respectivement Auvergne-Rhône Alpes et Pays-de-la-Loire, ces deux candidats ont réussi à reléguer le Front National loin derrière.

Reynié, derrière le FN

Face à cette réalité, quatre candidats étaient présentés par la droite avec une étiquette plus « centriste » : les trois UDI Hervé Morin (Normandie), Philippe Vigier (Centre-Val de Loire), François Sauvadet (Bourgogne-Franche-comté), ainsi que l’indépendant, mais centriste-libéral affiché, Dominique Reynié (Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées). Deux des trois candidats UDI subissent une contre-performance notable qui est dûe, si on analyse les résultats, à une incapacité d’une part à rogner sur le FN, somme toute logique pour des centristes, mais aussi et surtout, une impossibilité à séduire des électeurs de centre-gauche. De fait, la défaite semblait inévitable, tant le FN et le PS ont fait des scores élevés. Dans ce triste bal pour les centristes, Dominique Reyné réussit même l’exploit de terminer bon dernier, derrière le FN. Seule réjouissance : Morin s’offre une victoire à l’arraché, avec 5 000 voix d’avance seulement, dans une région où la droite a remporté tous les conseils départementaux en Mars dernier.

Même si ces résultats volent sous le radar de la plupart des analystes (hormis Joseph Macé-Scaron, notamment), leur conséquence sur ce qui va se passer à droite sont considérables : on va vers une droitisation inexorable des Républicains. Ainsi, Nathalie Kosciusko-Morizet et Laurent Wauquiez, qui exercent une lutte d’influence continue sur les Républicains, au point de s’écharper pour une simple configuration de bureau ou des questions de sémantiques dans l’organigramme du parti, vont voir leur sort scellé par ces régionales.

Même si NKM sauve l’honneur avec la victoire de Valérie Pécresse en Ile-de-France, c’est bien la ligne droitière Wauquiez-Retailleau qui devrait dominer le paysage rue Vaugirard. C’est en filigrane ce qu’a déclaré dimanche soir Nicolas Sarkozy dans son discours, appelant à un « large rassemblement » pour les primaires sans pour autant négliger « les craintes des français », citant ensuite notament, l’Europe, sacralisée par les centristes. En filigrane, l’ancien président de la République envoie un message très clair à ses partenaires de l’UDI : « Vous allez venir avec nous aux primaires, et vous faire petits ». Cette droitisation est logique, en raison de la faiblesse de l’UDI, mais aussi de la fronde probable de Guillaume Peltier, dont rappelons-le, la motion très à droite fut arrivée en tête lors du fameux Congrès UMP de 2012, et qui sera probablement échaudé par les résultats des régionales, lui qui a dû laisser sa place de tête de liste à l’UDI Vigier, avec les résultats qu’on connaît.

Face à cette droitisation, l’UDI ne semble pas avoir les armes pour luter

Avec seulement une région remportée sur trois, le bilan paraît bien maigre pour une formation politique jusqu’alors en pleine ascension, forte d’un bilan très flatteur aux précédentes élections sénatoriales et départementales. Avant ces élections régionales, il était envisageable que l’UDI puisse présenter un candidat aux présidentielles, ou servir de support à des frondeurs lors des primaires. Aujourd’hui, ces éventualités sont inenvisageables, si rien ne change.

En effet, même si pour les centristes, la claque est rude, elle était pour autant prévisible, tant le parti perd des militants depuis des mois, et tant les élus, forts de leur mandat obtenu grâce aux stratégies d’alliances, ont trop souvent fait le service minimum dans les fédérations, sombrant dans des luttes d’égos particulièrement dévastatrices, plongeant de nombreuses structures militantes centristes locales dans un profond immobilisme.

Il y a donc urgence pour l’UDI, et cet échec aux régionales peut se révéler, in fine, salutaire. Va-t-‘il y avoir une prise de conscience chez les etats-majors parisiens ? Les centristes vont-ils enfin parler de projet ? Le parti va-t’il engager une démarche de renouvellement pour trouver des élus qui représentent mieux notre société, créant ainsi une singularité dans le paysage politique qui pourrait faire la différence en deux ans ? Nul ne le sait, une chose est cependant sûre, le viel adage de Pasqua, souvent repris par Eric Zemmour « le RPR ramène les électeurs, les centristes amènent les élus » n’a jamais aussi mal porté son nom. « 

Maxime Cruzel

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