Kursed: « On nous a passé le flambeau, à nous de garder ce rock authentique »

Hugo, Thomas, Ari et Romain, sont Montpelliérains, ils forment le groupe de rock, Kursed. Les quatre garçons étaient de passage ce week-end à Rennes pour les « Bars en Trans ». Je vous propose de découvrir (presque) avant tout le monde ces inconditionnels de Nirvana qui n’ont pas fini de faire parler d’eux dans les prochains mois.

Quand j’ai liké votre page pour préparer l’interview, Facebook m’a automatiquement proposé d’en aimer d’autres. Parmi les choix que j’avais figurait Eagle Of Deth Metal, le groupe qui était sur la scène du Bataclan le 13 novembre dernier. Votre tournée a débuté le 19 novembre, dans quel état d’esprit vous étiez en montant sur scène six jours après ?
Hugo : Il y a une histoire un peu particulière à ce sujet. On devait faire la première partie des Eagle Of Death Metal à Nîmes et aussi peut-être au Bataclan. Le deal c’était simplement que s’ils ne venaient pas avec leur première partie c’était nous qui la faisions. Ils sont venus avec leur première partie donc on a eu de la chance. Nous c’est un groupe que l’on adore, on est fan. Quand on a appris ça, ça nous a fait vachement de peine parce qu’il y avait plein de gens qu’on a côtoyé et que l’on connaît plus ou moins. Si on avait été à Paris, on serait forcément allé à ce concert. Du coup le 19 novembre on ne savait pas trop quoi faire, j’étais vraiment pas bien du tout, j’en ai pleuré. J’ai dit aux gars ce soir on prend les guitares on va jouer, juste pour continuer à faire de la musique, c’était une manière de se sentir utiles. Mais c’était vraiment très dur. On n’a pas rejoué à Paris depuis, mais il faut continuer à aller sur scène davantage. Avoir peur ce serait leur donner raison.

Comment se passe la tournée « Apple Tour » ?
Hugo : Mieux qu’avant. C’est plus organisé, on est dans de meilleures conditions. On a un ingé son qui nous suit. Un mec aux lumières pour les grosses dates. On est plus entouré, donc on est plus serein. C’est plus professionnel. Il y a plus de dates aussi. Tout roule.

Si vous avez l'occasion d'aller les voir, allez-y d'autres dates arrivent pour 2016
Si vous avez l’occasion d’aller les voir, courrez-y d’autres dates arrivent pour 2016

Montpellier, Rennes, re-Montpellier puis la Suisse, Lyon et Nantes entre autres début 2016, une dizaine de date au total. Cette tournée c’est parfait pour vous qui êtes un groupe de live !
Hugo : C’est vrai qu’on se considère plus comme un groupe de live. C’est pas encore annoncé, mais on aura aussi sûrement deux dates à Paris en février. Et on est en train de booker mars-avril. Et d’autres dates à venir parce qu’on vient de trouver un bookeur.

Ça fait quoi d’atteindre la capitale ?
Hugo : ça fait un an qu’on y joue souvent. Notre manager étant parisienne, elle a pas mal de réseau sur place donc on a joué quelques fois à Paris cette année.

En live justement j’imagine que l’on retrouve les titres de l’EP « Apple » sorti en septembre dernier ?
Hugo : Oui on les joue tous sur scène. Plus d’autres parce qu’on va sortir un album (sortie prévue pour avril), donc on joue quelques morceaux de l’album à venir.

Parlons-en de cet album, comment va-t-il s’appeler ?
Hugo : Misophone. La misophonie c’est la haine des sons, donc je trouvais ça rigolo le paradoxe de faire un album de musique rock avec ce nom là.

Comment vous vous êtes répartis les tâches pour travailler sur cet album ?
Ari : En général Hugo s’occupe de composer les premières idées et nous on rapporte nos parties instrumentales et après on discute tous ensemble de la structure du morceau.
Hugo : En gros, avec ma guitare folk je trouve les riffs, je les propose aux gars et j’enregistre une petite démo chez moi, ils me disent ce qu’ils en pensent. Si ils n’aiment pas je jette ou je garde pour moi et si ils valident, on travaille ensemble. Chacun apporte sa pierre à l’édifice.

Kursed était de passage à Rennes pour les Bars en Trans
Kursed était de passage à Rennes pour les Bars en Trans

Pour vous, le rock en français c’est quoi , une aberration ou c’est envisageable ?
Hugo : Il y a toujours ce débat-là et on ne comprend pas pourquoi il existe. Pour moi l’art c’est la liberté de faire ce que tu veux et comme tu veux, donc tu chantes comme tu veux. Si tu veux créer ta langue tu crées ta langue. S’il y en a qui chantent en français, très bien, ils font ce qu’ils veulent, mais qu’ils ne crachent pas sur ceux qui chantent en anglais, par pitié (rires).

Vous êtes de Montpellier, ce qui explique les trois dates de cette tournée là-bas. Ça fait quoi de jouer devant son public ?
Ari : C’est agréable. On aime jouer à Montpellier.
Hugo : Ce qui est cool, c’est que malgré tout il n’y a pas que les potes qui viennent, on commence à avoir un vrai public. Même à Paris. Moi je trouve ça plus difficile de jouer à Montpellier dans le sens où les potes te connaissent par cœur du coup tu ne veux pas les décevoir. Je crois que parfois on a plus de pression, mais c’est toujours cool de jouer chez soi. Il n’y a pas de route à faire (rires).

Ça fait combien de temps que vous faites de la musique ensemble ?
Hugo : C’est compliqué. Thomas et moi-même avons monté le groupe quand on avait 13 ans. On ne savait pas jouer de la musique. Après ça a évolué, on a commencé à composer. Ari nous a rejoint à la guitare. Après on a changé de batteur, donc dans cette formation actuelle il n’y a que 2-3 ans.

Romain + Hugo + Thomas + Ari = Kursed
Romain + Hugo + Thomas + Ari = Kursed

Comment vous vous êtes rencontrés ?
Hugo : Ce sont des rencontres que j’ai faite moi. J’étais dans une école de lutherie avec Ari, on fabriquait des guitares et c’est là que je lui ai proposé de venir dans le groupe. Romain c’est l’école de jazz que j’ai faite ensuite. Et avec Thomas on se connaît depuis qu’on a deux ans, peut-être même avant.

Qui vous a poussé à faire de la musique ?
Hugo : Moi c’est Nirvana, ça m’a clairement poussé à faire ma musique.
Thomas : moi c’est pareil. Quand on a monté le groupe, on se faisait chier, on faisait du skate, on a dit « on va faire de la musique ». On écoutait Nirvana, d’ailleurs je crois qu’on a repris 40 chansons de Nirvana.

Quelles sont vos influences ?
Hugo : Les influences ont évolué. C’est plus indie, plus blues. Ce ne sont pas forcément des groupes actuels qui nous influencent. Ça peut être un vieux morceau de swing ou de pop. Pour citer des groupes, je pense à Black Keys, à Cage The Elephant, Balthazar actuellement. Nirvana ça reste un petit peu forcément.

Pour vous présenter sur votre ancien site internet vous écriviez, « Kursed c’est un groupe de rock indé avec le goût de l’authenticité sans la poussière » ça veut dire quoi ?
Hugo : C’est un ancien prof qui m’a dit que c’était vintage, mais sans la poussière et j’aimais bien cette idée là parce qu’aujourd’hui il y a plein de groupes qui utilisent des machines et nous c’est vraiment hors de question. Donc il y a ce goût pour le vintage et l’authenticité. Et sans la poussière dans le sens où on ne reste pas non plus borné dans les années 60, on essaye de renouveler le genre. On nous a passé le flambeau, à nous de garder ce rock authentique qui ne sera jamais mort à mon goût. Il ne faut pas se laisser avoir par la pop-électro-folk-indie-bobo de merde (rires).

Philippe Le Breton, le programmateur des Bars en Trans a révélé dans une interview aux « Inrocks » que vous êtes le groupe de rock qui va nous surprendre en 2016, quelle surprise vous nous réservez ?
Hugo : C’est très, très flatteur. Quand j’ai vu ça j’étais vraiment très, très content. En 2016, on va continuer à faire notre musique avec passion, de travailler dur. On a l’impression de travailler encore plus dur maintenant parce qu’il y a beaucoup de choses qui arrivent. On se donne beaucoup. On va essayer de proposer les meilleurs lives possibles tout en gardant cette envie et cette passion, on ne va pas se prendre la tête non plus, parce qu’il faut que ça reste un plaisir.

bars-en-trans

Un mot sur Last Train avec qui vous partagez trois dates sur cette tournée.
Hugo : C’est un groupe qui cartonne en ce moment en France, et nous on adore ce qu’ils font. Ils ont fait une énorme tournée. On les regardait de chez nous et on voyait qu’ils foutaient le bordel en France avec leur rock sans fioriture et des influences qui nous correspondent aussi, même si on ne fait pas tout à fait la même chose. Ce sont des mecs supers cools et j’espère qu’il y aura plus que trois dates avec eux parce que c’est un groupe qu’on aime beaucoup.

Est-ce qu’il faut forcément être quatre pour réussir dans le rock ? Comme les Beatles, les Rolling Stone, Téléphone…
Hugo, Thomas, Romain, Ari : Nirvana, ils étaient trois… (rires).

Découvrez leur dernier clip « Rock & Roll »

Morgan Bouchet

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