5 questions à Laurent Petitguillaume: « Aujourd’hui à la radio il y a de la libre antenne, mais pas de la réelle antenne »

Malgré un agenda chargé, Laurent Petitguillaume a accepté de répondre à mes questions. Animateur radio sur France Bleu Paris du lundi au vendredi de 10 à 12, et le week-end sur France Bleu de 14h à 15h dans Le Mag Musique, on le retrouve sur scène dans la pièce Un air de famille au théâtre Nesle. Le 9 mai prochain, Laurent Petitguillaume animera la soirée Stars 80 au Stade de France. Enfin, il fait parti du jury du Live Music Show by Buzz.land.com dont la finale a lieu samedi après-midi. Laurent Petitguillaume donne aussi son avis sur la radio d’aujourd’hui.

Pouvez-vous expliquer ce qu’est le Live Music Show Laurent Petitguillaume?

Le Live Music Show 2015 c’est un concours de chant pour jeunes artistes mais aussi les artistes qui ont un peu d’expérience. C’est donner la possibilité de se présenter devant des gens qui vont les juger, mais surtout les conseiller. C’est ça le plus important selon moi. C’est un exercice qui est incontournable quand on veut se lancer dans une carrière parce que de toute manière, à un moment donné on est jugé, par une maison de disque, un producteur, un manager et par le public. Alors si l’on peut avoir avant quelques petits conseils de professionnels ce n’est pas plus mal.

Parlons de vous à présent. Qu’est-ce que ça fait d’avoir marqué une génération avec l’émission « Supernana » sur Skyrock?

C’est un plaisir parce qu’effectivement j’ai fait beaucoup, beaucoup d’émissions et évidemment celle qui a marqué une certaine génération et un certain public c’est celle-là. Pourquoi? Parce que d’abord c’était l’une des premières émissions de libre antenne. « Libre » prenait vraiment sa bonne définition parce qu’on avait vraiment une liberté entière. Ma collègue Supernana était vraiment un personnage tellement emblématique et tellement important pour les gens qui écoutaient la radio qu’évidemment c’est dans le souvenir de beaucoup de gens qui ont écouté la radio à cette époque-là. On passait de grandes rigolades à des propos très trashs, et beaucoup de propos très intimes, très sensibles, beaucoup d’émotions aussi parce que toute sorte de gens nous appelait pour déconner ou pour vraiment se confier et on avait l’impression d’être des amis ou des confidents. Pour moi c’est un souvenir absolument gigantesque.

Est-ce que cette émission pourrait exister aujourd’hui à la radio?

Non parce que à chaque époque son style et ses besoins. Aujourd’hui, à la radio, il y a des libres antennes, mais elles sont beaucoup plus surveillées. Les propos, certes vont très loin, parce que j’entends le soir sur NRJ ou sur Skyrock toujours les gens s’exprimer de manière assez libre, mais je ne suis pas sûr qu’ils pourraient aller aussi loin que nous. Ce n’est peut-être plus dans l’air du temps de dire tout. J’ai du mal à analyser parce que je ne fais plus ce genre d’émission et puis je les écoute moins, mais j’ai l’impression aujourd’hui que c’est un tout petit peu plus joué. Je trouve que les animateurs jouent des rôles et les auditeurs aussi parce qu’ils savent que pour se faire remarquer il faut jouer la comédie, ce n’était pas le cas chez nous.

Laurent Petitguillaume (à droite) en compagnie de Supernana (à Gauche) et de Mickey. (Photo: Facebook Laurent Petitguillaume)
Laurent Petitguillaume (à droite) et Supernana (à Gauche) chez Mickey. (Photo: Facebook Laurent Petitguillaume)

Aujourd’hui, les gens s’expriment sur internet, ce qui n’est d’ailleurs pas très bon parce qu’on voit passer des choses tellement atroces sur internet. C’est un trop grand défouloir. Il n’y a pas de répondant réel. Sur internet tu peux être extrêmement anonyme, je ne dis pas que tu ne l’es pas en radio, mais quand tu téléphones tu confies ton numéro donc si tu commences à avoir des propos durs ou haineux tu as le risque qu’on te réponde en privée ou sur l’antenne. Internet c’est le défouloir, on est anonyme, on peut dire n’importe quoi sur n’importe qui et c’est épouvantable. Mais bon, c’est le domaine de la liberté d’expression donc je l’accepte comme tout le monde. En revanche en radio, maintenant, il y a des auditeurs qui jouent la comédie pour se faire remarquer, qui eux même trompent leur vérité, forcent les caractères, forcent les propos et ça s’entend et ça se sent. On appelle ça la « libre antenne », mais ce n’est pas la « réelle antenne ».

Quand je regarde votre parcours je m’aperçois que vous êtes un grand Monsieur de la radio et de la télévision. Vous êtes passé sur les plus grandes chaînes et les plus grandes stations. Vous, quel regard vous portez sur votre carrière?

Je n’en porte pas trop de regard parce que j’aime plutôt bien le présent et je me retourne rarement sur le passé. On m’en parle souvent. Ce qui me fait plaisir finalement c’est que j’ai fait parti des gens qui ont permis à toutes ces radios de se construire petit à petit. Ce n’est pas de la fierté, mais effectivement je me dis que j’ai quand même contribué à faire en sorte… parce que ma première radio, celle où je suis resté le plus longtemps c’est Skyrock. J’étais là avant que ça s’appelle Skyrock et pendant 11 ans j’étais sur Skyrock tout le temps. Donc je suis assez fier de ce parcours-là parce qu’on a vraiment fait grossir cette radio avec son créateur Pierre Bellanger qui est toujours là et je suis content que Skyrock existe toujours. Le Skyrock d’aujourd’hui a vraiment une importance extraordinaire. C’est peut-être la seule fierté que j’ai.

Est-ce que c’est la passion pour la radio qui vous a amené à la musique ou la musique qui vous a amené à la radio?

C’est la musique qui m’a amené à la radio. J’étais comme beaucoup de gens j’écoutais beaucoup de musique enfant puis adolescent et j’ai adoré tout le mouvement musical des années 80, la mouvance de la french pop, de tous les anglais de l’époque, l’époque new wave, le début des Depeche Mode, des U2… j’étais à fond dedans. J’allais à beaucoup de concerts, j’allais à beaucoup de soirées à Paris et c’est comme ça que j’ai rencontré des gens passionnés de musique qui en faisait et des gens passionnés de radio qui en faisait. Moi j’ai choisi la radio parce que je ne savais pas chanter et que je ne jouais d’aucun instrument.

Pour + de Laurent Petitguillaume:

Morgan Bouchet

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